La vie de Sphaerophoria scripta serait paisible si ne rôdaient dans les airs de redoutables prédateurs. En dépit de son habile déguisement en guêpe et de ses dons de pilote d'essai, Sphaerophoria scripta est une des proies favorites des Bembix.

Des guêpes authentiques, elles, qui enfouissent leurs oeufs dans une terre sablonneuse et ravitaillent leurs larves avec des diptères, au fur et à mesure de leurs besoins. Elles repèrent de loin Sphaerophoria scripta, foncent sur lui, l'agrippent et le transpercent de leur dard malgré ses bourdonnements de protestation et ses gesticulations éperdues. La lutte est parfois terrible
Le grand entomologiste Jean-Henri Fabre a longuement enquêté sur le sujet et y consacre plusieurs pages dans ses Souvenirs entomologiques.  "A la moindre alerte", raconte-t-il "la proie prestement décampe, et son vol défie celui du ravisseur. L'Hyménoptère doit fondre à l'improviste sur son gibier, sans mesurer l'attaque, sans ménager les coups, comme le fait l'Autour chassant dans les guérets. Mandibules, griffes, dard, toutes les armes doivent concourir à la fois à la chaude mêlée pour terminer au plus vite une lutte où la moindre indécision laisserait à l'attaqué le temps de fuir. (...)

Dans la proie retirée d'entre les pattes des Bembix, il n'est pas rare d'observer des indices d'une prise faite à la hâte, sans ménagements au hasard d'une lutte désordonnée. Le Diptère a parfois la tête tournée sens devant derrière, comme si le ravisseur lui eût tordu le cou ; ses ailes sont chiffonnées ; sa fourrure, quand il en possède, est ébouriffée. J'en ai vu avec le ventre ouvert d'un coup de mandibules, et des pattes emportées dans la bataille". (...)